Premiers Enregistrements – Éric Mie

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Description

Les premiers enregistrements d’Éric Mie extraits des deux premiers albums (aujourd’hui épuisés) du duo « LOBO & MIE » (datant de 1998 et 2001), d’un mini LP hommage à Jean Richepin (paru en peu d’exemplaire en 2003) et d’un disque démo qui servait pour démarcher les programmateurs au début de sa carrière solo en 1999.

 

Premiers Enregistrements

 

1. La Midinette (02:53)
Elle passait, repassait devant ma fenêtre de cuisine. Elle me transformait en mateur amateur et en voyou voyeur à repasser sans arrêt. Elle était belle à croquer et à craquer. C’était une rousse aux courbes délicieuses sur un vélo blanc. Qu’est-elle devenue ? Je n’en sais rien. Elle me faisait penser au Poème d’Antoine Pol mis en musique par Brassens :
« (…) A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui(…) »
Plutôt qu’autre chose, j’ai pris un crayon de papier en main et j’ai commencé à la décrire en vers. Je relis les trois premiers couplets je me dis que c’est fin nunuche d’écrire une chanson comme ça. Faut absolument que je trouve un truc pour me sortir de cette niaiserie érotique. Le truc ça va être le bruit d’un coup de frein résonnant dehors qui va me le donner. La voilà l’idée ! Merci ! Les routiers sont sympas !… Et je termine ma chanson en ricanant. Puis je note la date : 15 Aout 1995 et en dessous cette phrase de Siné : « fête de la vierge, je me recueille un instant. C’est triste de mourir pucelle. » A noter que la guitare Dick Annegarnienne est dû à l’immense talent d’Olivier Herrmann lors de l’enregistrement.
2. Éducation sexuelle (01:43)
3. Triste Mioche (02:03)
Moi monsieur, j’ai eu la belle vie, au temps béni des colonies… de vacances. Chaque été, je partais heureux dans un bus joyeux direction Sachemont. Dans la vallée de Straiture à 550 mètres d’altitude, au pied du défilé qui relie Gérardmer à Fraize, la colo était installée à flanc de coteau, à deux pas des forêts couvrant les crêtes environnantes. De 7 à 13 ans j’y ai passé tous mes mois d’aout puis de nouveau de 16 à 20 ans en tant que moniteur. Enfant, la colo durait 3 semaines et, au milieu de ce long séjour, il y avait la journée des parents. C’est-à-dire qu’ils venaient sur le site et on passait la journée avec eux à pique-niquer, à leur montrer nos jeux, nos réalisations (cerf-volant en sac poubelle, masque en assiette en carton etc.) mais également nos fabuleux barrages façonnés dans le petit torrent derrière. C’était aussi le jour de ravitaillement. Ma mère arrivait toujours avec un carton rempli de Malabar, Carambar, car-en-sac, boules magiques et surtout de mes indispensables « Pif Gadjet » car j’étais abonné. J’avais donc toujours hâte de la revoir mais elle était souvent en retard. Assis sur la colline, pendant que tous mes autres copains mangeaient déjà avec leurs familles, je fixais, le cœur serré, l’horizon. Le 5 Mars 1998, ce souvenir m’inspire cette chanson « Triste Mioche » mais aussi celui d’un pauvre gosse qui n’avait rien d’autre qu’un slip et un ours en peluche dans sa valise. Car si ma maman arrivait toujours au bout d’un moment celui que les copains avaient méchamment surnommé « Slibard » se retrouvait réellement seul toute cette longue journée. Mais il ne pleurait pas. C’était un dur à cuire. Il m’impressionnait beaucoup. J’ai gardé de ce temps, la manie d’avoir toujours des cailloux dans les poches et une certaine compassion pour tous les Slibard(s) de la terre.
4. Le fric (03:17)
A mon grand désespoir, je suis un chansonnier de premier jet, un éjaculateur précoce de ritournelles. Bien que j’ai eue la chance de rencontrer des grands qui m’ont indiqué quel chemin prendre pour faire de la qualité, en eternel cancre, j’ai toujours bâclé. Pourtant l’immense Bernard Joyet m’avait bien dit, un jour, qu’il fallait s’appliquer et le non moins monumental (à mes yeux) Sarcloret qu’il ne fallait jamais penser que nos chansons étaient bonnes juste parce qu’elles étaient de nous. « Arrête de croire qu’Eric Mie fait de bonnes chansons mon gars ! » Je sais qu’il faut revenir sur chaque mot, chaque phrase, chaque vers. Je sais qu’il faut se méfier de son propre jugement et façonner ses vers comme un tailleur de pierre crée une cathédrale. Mais j’ai toujours écrit hâtivement et plutôt que retourner sur un texte, j’en écris un autre. Peut-être parce que je suis feignant, que je n’aime que le plaisir. Sur mes 450 chansons y’en a qu’une qui a subit le traitement efficace du laborieux artisan c’est « Le Fric ». Depuis longtemps je voulais mettre à plat mon opinion sur ce système absurde qui régit le monde. Déjà enfant je me posais la question de savoir si toute mon existence était réellement faite pour enrichir une petit minorité ? Si toute les choses que je devais faire dans ma vie n’avait qu’une valeur celle de l’argent ? En ce mois de Juin 1999, je m’attaque au problème. Je veux le cerner de très près et n’oublier aucun détail. Je veux écrire la chanson anticapitaliste par excellence. Je la rêve aussi sans tache, sans approximation et avec de la rime riche à la Richepin. Je vais mettre réellement un mois complet à l’écrire. Je vais même la scotcher au mur des toilettes pour la relire souvent afin de supprimer et rajouter depuis mon trône. Et finalement, je n’ai pris aucun plaisir à l’écrire. J’avais l’impression de résoudre un problème de math. Même si je suis fier du résultat et que je considère, encore maintenant, que c’est l’une de mes plus grandes réussites, je ne veux plus revivre cette situation. C’était chiant quoi. Pour la musique, et comme toutes mes chansons de cette époque, je la jouais style pompe Brassens. Je n’ai jamais été un grand guitariste et c’était ma façon à moi de cacher la misère. Félix Lobo arrangeât la chose en faisant un arpège à la « Lavilliers » et Maël orchestra le tout avec son génie légendaire. Nous l’avons enregistré dans la semaine du 11 septembre 2001 et, si vous tendez vos oreilles, vous pouvez entendre des morceaux de radio de cette folle semaine incorporés dans l’arrangement. Egalement de la vielle à roue jouer par Bruno Jagle passé à l’envers.
5. La vermine (02:21)
Ce 16 novembre 1995, je suis devant un reportage d’envoyé spécial «IVG, les croisés de l’ordre moral» qui me mets hors de moi. On y voyait des illuminées se menotter sur la table d’opération où une pauvre jeune fille allait avorter. L’enquête tendait à démontrer les liens entre les commandos anti-IVG, certaines associations familiales et l’extrême droite. J’en ai pas dormi de la nuit tellement j’étais chamboulé. Au petit matin, sur la table de la cuisine, j’écris, énervé, en cinq minutes, quelques couplets en alexandrin coup de poing à la manière des articles de Siné que j’adorais tant. Puis je file dans la chambre pour la chanter sur ma guitare. Deux trois accords à la con et ma chanson est fin prête pour troubler le bon catho intégriste. Si je l’avais écrite aujourd’hui je l’aurais mis d’office sur youtube mais, à cette époque, il fallait attendre le feu vert de Félix Lobo pour pouvoir la chanter sur scène car en 1995, je ne chante qu’en duo. Il n’est pas trop chaud au début. Il la trouve trop violente et un mot le gène. Alors je dégage le mot gênant que je remplace par « consanguin » et on l’intègre au répertoire de Lobo & Mie. Ça va devenir la chanson à problème. Un jour c’est un responsable religieux qui envoie une lettre photocopiée à toutes les structures culturelles de Moselle pour leurs signifier que dans cette région ils sont encore sur les lois du concordat et que, par conséquence, une telle chanson doit être bannie, qu’il ne faut pas programmer ce duo diabolique. Un autre jour, c’est un conseiller d’un petit village lorrain qui doit présenter ses excuses lors d’une AG de sa mairie pour avoir programmer un tel spectacle blasphématoire. Je me souviens aussi d’un silence glaçant après l’avoir chanté au « Complexe du Rire » à Lyon en 1998, pas un applaudissement, rien…
On l’enregistre quand même sur le premier et unique album du duo en 2001. J’y fais toutes les guitares et la talentueuse Charlène Ploner la contrebasse. On demande à tous les participants du disque de chanter le dernier couplet avec moi. Et c’est ainsi qu’Olivier Herrmann, Marc Texo, Maël Nesti, Emmanuelle Guillot, Charlène Ploner, Barbara Thirion dit « Badouille », Laurent Cinus, Elvire Demoly, Olivier Fresson, Delphine Quille et Ettienne Guillot se retrouvent à chanter en chœurs le dernier et fameux alexandrin: « Les couilles, la queue, le cul, la chatte et les nichons ! » A noter que la chanteuse Mell l’a chanté aux 10 ans du duo sur la scène de la MJC Pichon de Nancy. J’ai encore la bande. Je peux la faire (re)chanter.
7. Le Cafard (03:39)
8. Le vin triste (02:57)
9. Le mystère de la création (02:07)
10. Trouble bourgeois (02:56)

 

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Paru le 1er janvier 2001

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