Contre Marée – Éric Mie

7,0010,00

Ecoutez un extrait

Le prix indiqué ne comprend pas la livraison.
Estimez les coûts de livraison en fonction de votre zone géographique sur la page « mon panier »
La livraison ne s’applique pas aux produits « virtuels » (téléchargements)

* Digipack : Album physique + téléchargement de l’album numérique

Effacer

Description

Contre marée

        Cliquez sur les titres des chansons pour en lire l’histoire..

1. Les Nobles Arbres (03:30)
Cette chanson est l’une des premières qu’on a enregistrée pour l’album « Contre-Marée » et elle a été tout de suite la chanson référence, celle qui a donné la couleur au reste de l’album, car c’est la première qui a fait l’unanimité dans le trio créateur (Florent Campana, Maël Nesti et moi-même). La grande direction de l’album avait été donnée par 3 chansons (pas gardé au final) enregistré avec et chez Florent le 9 Juin 2015. Ces chansons parlaient d’apaisement, d’océan et d’île sur des mélodies douces, lancinantes voir entêtantes. L’instrument dominant était la guitare électrique et le style musical : la ballade folk. En voilà un extrait :
(…)
Au loin le chant des flots
Des grandes traversées
Et tout au fond de l’eau
Mon naufrage passé
Les pieds frôlant l’écume
Je rêve sur la grève
D’une chanson posthume
D’une œuvre que j’achève
Je m’endors enfin
L’océan serein
Que du sable fin
L’accalmie sans fin
(…)
Le 15 Juin 2015 on retrouve l’ami Maël dans son studio pour la suite de l’aventure. Flo et moi avons dans la tête la direction de l’album. Comme pour « Poste Moderne » (le précédent album fabriqué par le trio de choc) on compose, écrit, interprète tout sur l’instant. Flo reprend la guitare électrique et arpège quelques accords. Maël sort le clavier pour imaginer un truc sur le refrain. Je prends mon crayon de papier et, dans cette ambiance douce et créative, j’écris le texte des Nobles Arbres. Texte universel, si il en est, puisqu’il parle de la décomposition humaine, du fait que nous devenons tous de l’engrais, que notre fin aide à la vie. Une façon positive de voir la mort en fin de compte. Pas d’âme qui monte au ciel mais de l’humus nourrissant la sève des grands arbres. On est plus proche de l’animisme que des églises. Et c’est peut être pour ça que Flo imagine de faire un clip sur cette chanson où nous serions en toge autour d’un grand feu perdu dans une forêt… Après la création musicale finie, je pose mon texte et ma voix dessus, inventant cette petite mélodie… Et voilà la première chanson de « Contre-Marée » terminée.)
2. L'Etre Soleil (03:28)
L’une des dernières sessions d’enregistrement pour le disque « Contre-Marée ». Au Studio Nesti (Nancy), ce Mardi 24 Novembre 2015, Maël Nesti joue de la guitare acoustique préparée, Florent Campana l’accompagne à la basse et les deux suivent une boucle d’un synthé derrière eux. Entièrement enregistré en direct, leur musique à quelque chose d’aérien, d’optimiste et un petit air 80’s qui m’inspire un texte solaire. En fait c’est un hommage que je veux faire. Un hommage à tous ces gens qui te choppe par le colbac pour te balancer du côté de la vie, du soleil et du miel. Moi qui suis plutôt lunaire et mélancolique, j’avoue que j’ai toujours besoin de ces êtres pour m’aider et me booster à aller toujours vers la lumière. J’en connais plein et ce texte est truffé de clin d’œil à ceux et celles qui ont rayonné ma vie. C’est toujours la même histoire d’Eros et Thanatos, de la vie et de la mort, de l’obscurité et de la clarté… Tant que vous êtes en vie, suivez toujours Eros : l’être Soleil. A noter que j’ai emprunté le verbe « Crobarder » à Katyk (Encore un être Soleil qui peinturlure pour notre plus grand bonheur) qui en est donc l’unique et seule inventrice. J’ai donc posé mon texte, ma voix et cette mélodie, qui coulait de source, sur leur création musicale. Une chanson nécessaire aujourd’hui…
3. Opinel (02:00)
« L’opinel » est un peu l’intrus de l’album « Contre-Marée » puisque c’est la seule chanson qui n’a pas été faite avec une guitare électrique, mais une guitare sèche, et la seule aussi dont les paroles et la musique sont l’œuvre d’une seule personne. En fait ce 20 Août 2015, Florent Campana et Maël Nesti sont occupé à essayer de trouver une idée pour sauver une chanson aux mille et une problématiques musicales. Ils se prennent la tête sur la table de mixage (et au bout du compte on décidé de jeter cette chanson). Ne comprenant rien à l’art du mixage, et plutôt que de m’ennuyer, je prends une guitare qui traine là dans le studio et je fais tourner une suite d’accords que j’avais trouvé y’a longtemps sans savoir quoi en faire… Maël se retourne et me dit : « C’est pas mal ça. C’est de toi ? » Je réponds : « oui » et que je n’ai pas de paroles dessus. « Bah profite de ce temps de pause pour en trouver… » Alors j’ai pris un papier et un crayon et j’ai pondu ce texte. C’était une idée qui me trottait dans la tête depuis que j’avais vu au théâtre du Peuple de Bussang, une pièce qui m’avait transcendé : « L’Opéra de Quat’ sous » de Bertolt Brecht et Kurt Weill. Une chanson de cet opéra disait :
« (…)
Bien sûr, je n’ai que trop raison :
Le monde est pauvre, l’homme mauvais.
Nous aimerions tous être bons,
Si les circonstances s’y prêtaient
(…) »
Et une autre encore :
« (…)
Beaux messieurs, qui venez nous prêcher
De vivre honnêtes et de fuir le péché,
Vous devriez d’abord nous donner à croûter.
Après, parlez : vous serez écoutés.
Vous aimez votre panse et notre honnêteté,
Alors, une fois pour toutes, écoutez :
Vous pouvez retourner ça dans tous les sens,
La bouffe vient d’abord, ensuite la morale.
Il faut d’abord donner à tous les pauvres gens
Une part du gâteau pour calmer leur fringale.
(…) »
Trouvant ce thème d’actualité, j’avais moi aussi envie d’écrire une chanson dans cet esprit. Alors j’ai écrit « L’Opinel ». A noter que ma chanson comptait 4 couplets et qu’au final on en a enregistré que trois. En fait Maël trouvait que le dernier couplet expliquait trop les choses. Il préférait que l’auditeur aille à ma conclusion lui-même. J’étais d’accords avec lui. Mais le voici quand même rien que pour vous :
« Il coulera toujours le sang
Si pour certains la vie est dur
La morale des bien-pensants
Est à balancer aux ordures
Il coulera toujours le sang… »
Comme j’étais incapable de suivre le métronome avec mon piètre jeu de guitare c’est Maël qui s’y est collé et pis voilà…
4. La Grande Ourse (02:36)
Le 12 Juin 2015 à Nancy entre 14h00 et 15h00, chez et sur une musique de Florent CAMPANA, j’écris un hymne à Pomme : ma ronde muse en bas rayés qui me hante et que je dessine sans arrêt dans mes carnets à dessins et que Facebook veut me censurer aujourd’hui… Juste une guitare électrique puis, plus tard, quelques notes de synthé, un solo de guitare et un effet sur ma voix (dont seul flo a le secret) pour le refrain final. On avait pourtant enregistré des chœurs pour ce refrain mais Florent, qui a le dernier mot en matière de mixage, en a décidé autrement et le résultat fût simple et efficace. A noter que j’avais écrit 3 couplets pour cette chanson mais Florent et Maël en ont décidé autrement. Ils voulaient que je reste toujours dans la suggestion. Et c’est vrai que le dernier couplet était beaucoup trop… Enfin il était… Pis il ne rimait pas comme j’aime…. Enfin bref j’étais d’accords avec eux. Allez, parce que vous êtes gentils, je vous en offre un petit bout (en fait la seule partie que j’assume le reste étant trop…) :
« (…)
Offre-moi encore ta source
Que je m’épanche entre tes hanches
Pour la grande-ours quittons la course
Et leurs lundis pour nos dimanches
(…) » )
5. Comme Dans Un Rêve (03:15)
C’est ma chanson préférée de l’album « Contre-Marée ». Je suis chez moi ce 16 Juin 2015 quand Florent m’envoie, en mp3, une musique qu’il imagine bien dans l’album. J’adore sa mélodie. Elle est tellement limpide qu’on a presque l’impression que c’est un air traditionnel qui a toujours existé. Elle m’inspire une poésie marine. En fait j’avais déjà écrit, y’a longtemps, une chanson de marin qui parlait de naufrage sur un air traditionnel : « Lolita en Mer » (elle se trouve sur mon premier album solo « Dépareillé »). Ce texte est comme un écho à cette ancienne chanson. Elle dit aussi, en arrière plan, qu’on se fait parfois tout un monde d’un problème qui au final se résout souvent dans le calme et la sérénité. D’habitude j’invente une mélodie sur l’ambiance musicale créé par Flo mais là, je trouve la mélodie de la guitare électrique tellement forte et présente, que je colle mes mots dessus. J’aime beaucoup cette chanson car elle est tout simplement évidente. Elle coule de source. Elle pourrait tout à fait être une chanson du patrimoine tant elle est intemporelle à tous les niveaux. Et c’est ce que je recherche le plus quand j’écris une chanson. Je pense souvent à Graeme Allwright (artisan chanteur auteur-compositeur-interprète français d’origine néo-zélandaise qui a particulièrement adapté et introduit en français les œuvres du protest-song américain) dont le grand public méconnait le nom alors qu’il connaît pas cœur ses chansons, pensant qu’elles font parties du répertoire traditionnel français, comme « Sacrée bouteille », « Il faut que je m’en aille (Les Retrouvailles) » ou « Petites boîtes ». J’aimerais le même sort pour certaines de mes chansons comme celle-ci…
6. Grand Minotaure (04:36)
Avant de vous narrer l’aventure improbable de cette chanson, qui ne l’est pas moins, il faut que vous sachiez que Florent Campana est un petit génie et pas seulement dans la composition musicale, le mastering, le mixage ou la réalisation d’un disque. Cet être incroyable (je remercie d’ailleurs chaque jour Dieu d’avoir créé le hasard qui me l’a fait rencontrer) est aussi un artisan créateur de pédales à effet et de lampes. Et, justement, le jour du Minotaure (appelons-le ainsi) Florent est arrivé dans le studio NESTI (Nancy) tout heureux de nous montrer sa dernière création. C’est le 12 février 2016. Dehors il fait froid. Dedans le studio est enfumé et Florent à remplacé l’ampoule du studio par une de sa composition qui change n’importe quelle pièce en boite de nuit des années 80. On est donc dans une ambiance chargée. Et on l’est aussi. Chargé. Maël branche sa guitare électrique dans la nouvelle pédale à effet qui fait tant d’effet qu’il part tout de suite dans une impro psychédélique. Flo le regarde émerveillé et l’enregistre de suite. A la fin de son improvisation incroyable, Maël veut rajouter du clavier. Florent et Moi sommes heureux. Maël est créatif en diable et rien ne l’arrête. Pendant ce temps j’essaye de trouver un texte et un chant qui collerait à sa prouesse. Et là… C’est le drame !… Je tends mon papier à Florent. Dessus il y avait ce texte :
« Je cours
L’effroi me glace
J’ hurle en courant
Les phares passent
Indifférents
Je cours
Peine et colère
Tout se conjugue
La lune éclaire
Ma folle fugue
Je cours
Loin du village
De mon foyer
Et de la cage
Au prisonnier
Je cours
J’ai mal, je souffle
Je continue
J’suis en pantoufle
A moitié nue
Je cours
Goutte après goutte
Suivez mon sang
J’suis sur la route
Et j’ai dix ans
Je cours
Je crie ma haine
« Fumier !», « Salaud ! »
Mais où me mène
Ce fou galop ?
Je cours
Sur le côté
Dans les fougères
La nuit, l’été
J’attends ma mère »
Florent me dit : « Non mec ! La musique de Maël est spirituelle et optimiste. Toi tu me ponds un truc trop dark… ça ne va absolument pas sur cette musique ! ». C’était la première fois qu’il me refusait un texte. Maël est étonné. Mais je m’adapte car je comprends sa demande. C’est vrai que la musique a un côté envoutant qui illustrerait bien un rite hallucinogène, une secte paradisiaque ou une orgie épicurienne. Et ça collerait beaucoup plus dans le projet « Contre-Marée » qui est de renouer avec la vie. Mais il faut faire vite car j’ai perdu beaucoup de temps sur l’autre texte et il est déjà bien tard. On est tous fatigué. Je me dis encore une fois qu’il a raison, qu’il faut que j’arrête définitivement de ressasser toujours le même sujet dans mes chansons : mon enfance noire. Alors j’écris vite. Trop vite sans doute. Le texte n’est pas le plus puissant de l’album mais il a le mérite d’avoir été fait dans le feu de l’action et en 5 minutes. J’ai même changé encore quelques mots pendant l’enregistrement même de la voix. D’ailleurs parlons-en de la voix. Je ne suis pas dans ma tonalité du coup je sens qu’il faut que je passe très vite dans une autre. Ce que je fais. Mais dans l’enregistrement même. C’est du direct comme toujours. On fait tout vite. Donc au début je suis grave et ca ne colle pas trop au texte, ni à l’atmosphère, puis je monte soudainement. Et sans doute égaré dans l’ambiance, la fumée, les couleurs qui tournent, je me surprends à rentrer dans un personnage invraisemblable et à gueuler les derniers vers de ma chanson comme pouvaient le faire Christian Décamps dans les années 70. Florent et Maël sont morts de rire. A la fin de l’enregistrement je ne sais pas trop ce que je viens de réaliser. Et jusqu’à la fin, on ne sait pas trop si on va la garder ou pas sur l’album « Contre-Marée ». Puis finalement… Voici : Le Grand Minotaure !!!… 
7. Le Marinier Las (03:24)
Quelques fois un vieux texte peut coller sur une nouvelle musique. C’est le cas ici. Simplement je ne me souviens plus trop comment on a créé ce morceau. Si Florent Campana et Maël Nesti s’en souviennent, ils peuvent peut être me le rappeler et ainsi agrémenter cet épisode. Car moi, je ne sais plus. Je me souviens juste du jour où on a enregistré la sublime voix, de la non moins sublime Ma RiOn, qui à sublimé cette chanson de ses chœurs angéliques. Merci encore à elle. Sinon concernant le texte je me souviens de tout. Nous allons faire un retour en arrière, en 1999, le 3 Janvier exactement. Ma future belle sœur était encore toute jeune et moi… encore un peu aussi. Elle est collégienne et, comme devoirs, elle doit faire une poésie avec des allitérations mais ça l’emmerde. Alors elle me demande de l’aider. Et j’écris ce texte inspiré sans doute par l’ambiance de la chanson de Brel (que j’écoutais beaucoup à ce moment là) « L’Eclusier » et de mon grand père qui habitait près du canal à Saint-Nabord dans les Vosges. Je crois même que son boulot était de s’occuper du canal, il me semble… Je n’ai que de vagues souvenirs aujourd’hui… Ce qui tombe bien finalement puisque c’est une chanson vaporeuse, sur un souvenir abstrait, un songe brumeux, un petit air clair-obscur et confus sur une indéfinissable image qui me hante : ce vaporeux fantôme des brouillards vosgiens… Et je dédie cette chanson à la poétesse qui l’aime beaucoup : Marie Tusoni !…
8. Gri-Gri (02:26)
J’essaye dans la vie de ne pas être trop hypocrite. Ce n’est pas tous les jours évident. Surtout les jours où on t’offre un détestable cadeau. M’enfin bon j’essaye quoi… Un peu comme la majorité des gens, je pense. Aussi quand on me demande ce que je regarde en premier chez une fille, je ne réponds pas les yeux, les cheveux ou l’allure générale. Je dis, franco de port (voir de porc qu’on peut, éventuellement, balancer) et instinctivement : le cul !… Je sais c’est phallocrate et, quand on est « plus-que-de-gauche », comme moi, on se doit d’être féministe et de respecter son égale avec respect. Mais, parfois, ma connerie est plus fort que moi. J’aime cette partie du corps. Et le cul, je l’aime rond, gros, rebondi, enfin bref : superbe ! J’adore la Vénus callipyge. Sur mon album « Chute Libre » j’avais osé faire un hymne aux poils des femmes. Car j’aime les gens quand ils sont natures, trouvant bizarre, voir quasiment inquiétant car proche du goût des pédophiles, ceux qui s’épilent tous les poils faisant de leurs corps une sorte de froide poupée Barbie. Et j’avais en tête, donc, de faire un jour un hymne aux belles et grosses fesses. Et donc ce 9 février 2016 je m’amuse à écrire cet hymne. Je le veux parfait avec de la rime riche, des belles images et un clin d’œil à Jean-Pierre Marielle qui en avait improvisé un dans le film « Les Galettes de Pont-Aven ». Et je dois avouer, sans modestie aucune, que je suis assez heureux du résultat. Ce 18 Février 2016 (journée assez créatif pour le trio de « Contre-Marée » puisqu’on va enregistrer pas moins de trois chansons qui resteront sur le disque) on arrive au studio décontracté avec encore l’expérience folle du Minotaure dans la tête. On est surtout décontracté parce qu’on pense avoir terminé l’album. On a pas mal de chansons en stock (une vingtaine) et on pourrait sortir l’album maintenant si on le voulait. Alors ce qu’on va faire aujourd’hui sera du bonus ou juste du bon temps passé ensemble. C’est cette décontraction qui me fait prendre la guitare électrique de Flo pour essayer sa pédale magique. Je ne joue quasiment jamais des morceaux connus. J’improvise toujours. Et là, pour entendre les effets de sa pédale, je tourne une suite d’accords qui fonctionnent pas mal. Maël aime beaucoup et demande à Flo de l’enregistrer qui, malin, l’avait déjà fait. Maël est vraiment enthousiaste par ma petite musique et demande à Flo de lui repasser en boucle afin de trouver un truc au clavier. Et son truc fonctionne tout autant. Il faut un texte. Je tente alors celui que j’avais dans mon carnet à dessin à côté d’un dessin érotique représentant un beau gros cul sur deux beaux bas rayés. Et ça fonctionne aussi. Ni une ni deux, on enregistre et voilà « Grigri ». Vite fait, bien fait et chouette comme tout. Un hymne à Pomme encore… 
9. Revendications (02:44)
C’est ma deuxième chanson préférée de l’album « Contre-Marée ». Parce qu’elle a été un moment intense de création entre le trio et que tout a été limpide et sans accroc. Et pour tous ceux qui me le demandent, elle a été écrite avant les attentats du Bataclan. Nous sommes le 5 Novembre 2015. Juste quelques accords de guitare qui s’égrainent lentement et voilà le climat surprenant et planant de cette chanson. Quand Flo jouait sur sa guitare électrique 8 cordes, je me disais : « Faut pas la louper celle là ! Va falloir que je ponde un superbe texte. » Au début il y a avait sur ma feuille un hymne à la tendresse et à l’amour. C’était très beau et très lyrique mais il manquait quelque chose. Cette petite chose qui fait les bonnes chansons à savoir l’angle d’attaque. Car c’est bien de dire qu’on veut de la douceur et de la sensualité mais ça ne suffit pas pour illuminer une chanson, pour faire dresser l’oreille à l’auditeur. Il faut y mettre un peu de poison. Un truc qui intoxique les bons sentiments. Et l’idée a jaillit : une prise d’otage ! Le mec est prêt à tuer des gens pour avoir de la tendresse et, du coup, la chanson d’amour se change en un terrible S.O.S. Porté par la musique de Flo et Maël, ma plume va vite sur le papier. Je suis complètement pris par mon écriture. Pendant l’enregistrement de la guitare, du clavier et de la voix, on est tous les trois éblouis. On sent qu’on vit un chouette moment de création. Cet instant me rappelle une jolie anecdote. Un jour un enfant demande à un sculpteur qui venait de finir un monument : « Comment tu savais qu’il y avait un cheval dans le bloc de pierre ? ». Bah c’est pareil. On a créé une chanson avec une telle rapidité qu’on se demande, nous aussi, d’où elle a bien pu tomber ?
10. Brouillon (01:36)
Juste après la création et l’enregistrement de « Grigri », Maël reste au clavier et essaye de trouver une suite d’accords suspendus. Il aimerait trouver une ambiance musicale aérienne. Il a les termes techniques pour parler de ces accords. Pas moi. Alors je dirais que c’est comme si le temps était immobilisé, comme si chaque accord était un nuage. Flo dit : « Faut que tu trouves un texte original là- dessus Eric ! ». Je m’y essaye mais je trouve que des trucs bateau. « Alors tu trouves quelque chose ? »
« Non j’y arrive pas là. Je ne trouve pas l’angle ni le sujet… »
« Te casse pas la tête, mec. T’as qu’a écrire un texte sur la première fois que tu as écris une chanson. »
Ho la belle idée trouvée par Flo !… Et les mots sont venus tout seul car je m’en souviens très bien de cette toute première fois. La chanson terminée et enregistré, on l’aime bien mais on la trouve trop courte. Elle le restera.
11. Bâtard (02:25)
Je suis passionné de chanson française mais je n’écoute pas que ça. J’aime que coule dans mes esgourdes du jazz, du rock ou du classique. Par contre, j’avoue, au risque de passer pour un réac, et au grand malheur de Flo, que j’ai beaucoup de mal avec le rap. C’est nul car je sais que c’est chez les rappeurs qu’on trouve les œuvres les plus engagés aujourd’hui. Mais, en matière de musique, je ne veux absolument pas me forcer. Ça passe ou ça casse. Par contre, depuis toujours, j’ai une petite passion, pas très original je le reconnais, pour les Beatles. C’est assez fréquent chez les chansonniers (n’est-ce pas serge Llado). Mais, ayant quitté l’école en cinquième, je ne pratique qu’une seule langue et, encore, avec beaucoup de difficulté par moment. Alors j’ai beaucoup de mal à comprendre ce que peuvent chanter les 4 garçons dans le vent. Du coup quand on me posait la question : « J’imagine qu’avec ton inclination pour la chanson engagée tu dois être plus Lennon que McCartney, non ? », je ne savais quoi répondre. Un jour (y’a longtemps) je demande à Maël (bilingue autant que bipède) si Lennon était réellement aussi engagé qu’on me le disait ? Car j’avais bien lu la traduction de « Imagine » qui est, il est vrai, un véritable manifeste anarchiste mais je doutais, à part cette chanson, de l’engagement permanent de John Winston Ono Lennon. Alors il m’a fait écouter « Working Class Hero » et me l’a traduite. J’étais sur le cul. Depuis c’est devenu ma préférée. Je l’adore. Et j’avais toujours en tête l’idée de versifier la traduction en français pour la reprendre. D’ailleurs j’ai toujours en tête le projet de sortir un jour un album avec que des reprises des chansons anglaises que j’adore et que j’aurais versifiées en français comme « Days of pearly spencer », « Sugar Man », «Killing In The Name » ou « Rape Me ». Et donc ce 14 février 2016, je m’apprête à me lancer dans cette expérience. Mais, très vite, je quitte la traduction pour rentrer dans une œuvre plus personnelle et ça devient le texte de « Bâtard ». Une sorte de petit frère français du « Working Class Hero » de Lennon mais à ma sauce. Bref un bâtard quoi. Le 18 février 2016 (jour de « Grigri » et de « Brouillon ») au studio Nesti (Nancy) j’aimerais qu’on enregistre aussi cette chanson. Mais faut lui trouver une musique. Je m’y essaye sur la guitare de Maël. Mais ayant en tête la mélodie de John je retombe toujours sur du La mineur. Et faut éviter. Alors j’essaye autre chose mais je retombe très vite dans mes vieux plans de chansonnier Brassensophile et ça agace Maël. Il m’arrache la guitare des mains en disant : « Ce n’est pas ça qu’il faut faire ! » Et il joue, naturellement, ce qui deviendra les accords et la musique de « Bâtard ». Alors, comme à notre habitude, on l’enregistre vite. J’aimerais bien à la fin du morceau, comme un clin d’œil à « Working Class Hero », un son qui fasse Beatles. Je me dis quelques notes de sitar pourraient le faire. Mais Maël (qui possède pourtant des tas d’instrument) n’a pas de sitar. Alors sa Setar (instrument iranien) fera l’affaire. Et voilà « Bâtard » terminé. Et la petite histoire de « Contre-marée » aussi. J’espère qu’elle vous a donné envie d’écouté cette album ou, même, de l’acheter.

Paroles: Eric Mie
Musique: Florent Campana, Maël Nesti et Eric Mie
Choeurs: Marion Rolin
Mixage et mastering: Florent Campana
Dessin et graphisme: Eric Mie
Production Nestana

 

paru le 28 juin 2016

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Contre Marée – Éric Mie”

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bienvenue ! En ce moment, des savons artisanaux sont offerts pour toute commande d'un dessin original ou d'un dessin personnalisé (quantités limitées) Ignorer